Étape 6 sur 6 · Décret

Ajournement de naturalisation : que faire ?

Mis à jour le 26 octobre 2026 · Guide indépendant, non affilié à l'administration

Un ajournement n’est pas un refus définitif. L’administration reporte votre demande et vous impose un délai, ou des conditions à remplir, avant de pouvoir redéposer.

C’est une mauvaise nouvelle, bien sûr. Mais c’est aussi une feuille de route : la décision vous dit, noir sur blanc, ce qui a bloqué.

Ce que dit le texte

Le décret du 30 décembre 1993 sur la nationalité prévoit que le préfet, s’il estime qu’il n’y a pas lieu d’accorder la naturalisation, peut rejeter ou ajourner la demande. Le ministre a le même pouvoir lorsqu’il statue lui-même, par exemple sur recours. Il peut aussi « en prononcer l’ajournement en imposant un délai ou des conditions ».

Le même texte oblige l’administration à motiver sa décision. Vous devez donc trouver, dans le courrier ou la notification ANEF, la raison précise de l’ajournement. Si la motivation vous paraît floue, notez-le : cela peut compter dans un recours.

Les motifs que l’on retrouve

La naturalisation est une faveur accordée par l’État. Même si vous remplissez toutes les conditions légales, l’administration apprécie l’opportunité de vous l’accorder. L’ajournement sanctionne souvent une situation jugée encore fragile, plutôt qu’un obstacle définitif.

Service-Public cite l’exemple d’un délai fixé pour améliorer votre insertion professionnelle. D’autres points examinés pendant l’instruction peuvent aussi conduire à un ajournement :

  • des ressources jugées insuffisantes ou trop irrégulières, par exemple un emploi précaire ou des revenus très variables d’une année à l’autre
  • une insertion professionnelle incomplète, comme une période de chômage longue ou une activité récente
  • une connaissance de la langue, de l’histoire ou des valeurs de la République jugée insuffisante lors de l’entretien
  • une situation fiscale à régulariser
  • un comportement relevé par l’enquête, même sans condamnation

Pour mesurer votre situation sur les revenus, notre page sur les ressources pour la naturalisation détaille ce qui est examiné. Et si l’ajournement vise l’entretien, reprenez la préparation de l’entretien d’assimilation.

Combien de temps dure un ajournement ?

Aucune durée unique ne s’applique. C’est la décision qui fixe le délai, au cas par cas, ou qui pose une condition à remplir.

Regardez donc la date ou la condition indiquée dans votre propre décision. C’est elle qui compte, pas ce que d’autres candidats racontent sur les forums.

Redéposer : quand et comment

Ne redéposez pas avant la fin du délai. Service-Public est clair : une nouvelle demande déposée avant l’expiration de l’ajournement peut être classée sans suite. Vous perdriez du temps, et le timbre fiscal de 255 €.

Utilisez plutôt cette période pour corriger le point soulevé. Gardez la trace de chaque progrès : contrat de travail stable, avis d’imposition, attestation de niveau de français, bulletins de salaire. Votre nouveau dossier devra montrer que la situation a vraiment changé.

Le jour venu, vous déposez une demande complète, comme la première fois. Notre guide du dossier de naturalisation récapitule les pièces et le dépôt sur l’ANEF.

Contester l’ajournement : le recours

Vous pouvez aussi contester la décision, si vous estimez qu’elle repose sur une erreur. Par exemple, l’administration a ignoré un CDI signé avant la décision, ou elle s’appuie sur une information fausse.

Le délai est court. Vous avez 2 mois à partir de la notification pour former un recours auprès du ministre de l’Intérieur. Si vous avez déposé en ligne, ce recours passe obligatoirement par le formulaire de votre espace personnel ANEF. Ce recours devant le ministre est un préalable obligatoire avant tout tribunal.

Toute la procédure est détaillée dans notre page sur le recours contre un refus de naturalisation, qui s’applique aussi à l’ajournement.

Faut-il choisir entre recours et nouveau dépôt ? Pas forcément, mais le choix se réfléchit. Un recours a du sens si la décision est contestable sur le fond. Si le motif est juste, mieux vaut souvent régler le problème et redéposer à la fin du délai. Un avocat en naturalisation peut vous aider à trancher en lisant votre décision.

Pour comparer avec les autres décisions négatives, voyez notre page sur le refus de naturalisation, et la vue d’ensemble de l’étape du décret de naturalisation.

Questions fréquentes

Un ajournement de naturalisation est-il un refus ?

Non. L’administration reporte votre demande en fixant un délai ou des conditions. Une fois ce délai passé, ou la condition remplie, vous pouvez déposer une nouvelle demande.

Peut-on redéposer avant la fin de l’ajournement ?

C’est déconseillé. Une demande déposée avant la fin du délai d’ajournement peut être classée sans suite, et vous auriez payé le timbre fiscal pour rien.

Combien de temps dure un ajournement ?

La durée n’est pas la même pour tout le monde. Elle est fixée dans la décision elle-même, ou remplacée par des conditions à remplir. Référez-vous à votre propre notification.

Peut-on faire un recours contre un ajournement ?

Oui. Vous avez 2 mois à partir de la notification pour former un recours auprès du ministre de l’Intérieur. Ce recours est obligatoire avant de pouvoir saisir le tribunal administratif de Nantes.

Sources

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