Sur les 40 questions de l’examen civique, 12 sont des mises en situation. Vous lisez une courte scène de la vie en France, puis vous choisissez parmi quatre réactions la seule qui respecte les règles et les valeurs de la République.
Le ministère de l’Intérieur publie la liste des questions de connaissances, mais pas celle des mises en situation. Personne ne peut donc vous donner les vraies questions de ce type. Les exemples de cette page ont été écrits par notre équipe, sur le modèle de l’épreuve, pour vous entraîner à raisonner.
Et c’est une bonne nouvelle, au fond. Une mise en situation ne se récite pas, elle se comprend.
Comment répondre à une mise en situation
Chaque scène cache un principe du programme : l’égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité, l’interdiction des discriminations, l’obligation scolaire, le respect de la loi. Avant de lire les réponses, demandez-vous quelle règle la scène met à l’épreuve.
Ensuite, éliminez. Les mauvaises réponses se ressemblent souvent : se faire justice soi-même, laisser faire par politesse, appliquer la coutume d’un autre pays ou la préférence d’une famille plutôt que la loi française. La bonne réponse, elle, passe presque toujours par le droit, le dialogue ou l’autorité compétente.
Ne répondez pas avec ce que vous feriez par habitude. Répondez avec ce que prévoit la règle en France.
8 exemples corrigés
1. Au travail : un salaire différent pour le même poste
Vous découvrez que votre collègue homme, embauché au même poste que vous et avec la même expérience, gagne plus. Votre responsable vous répond que « c’est normal, il a une famille à nourrir ».
Bonne réponse : c’est contraire à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui impose un salaire égal pour un travail de même valeur. Vous pouvez vous adresser aux représentants du personnel, à l’inspection du travail ou au Défenseur des droits. Le piège serait d’accepter la situation au nom de la tradition.
2. Au travail : un emploi sans contrat, payé en espèces
Un restaurant vous propose de commencer demain, sans contrat ni fiche de paie, avec un salaire versé en liquide.
Bonne réponse : refuser ou exiger d’être déclaré. Le travail non déclaré est illégal, et il vous prive de vos droits : assurance maladie, retraite, chômage. Ce n’est pas « un arrangement entre adultes ».
3. Le logement : un refus à cause de l’origine
Au téléphone, l’agence vous dit que l’appartement est libre. Sur place, en entendant votre nom, le propriétaire explique qu’il « préfère louer à des Français ».
Bonne réponse : c’est une discrimination, interdite et punie par la loi. Vous pouvez la signaler au Défenseur des droits ou porter plainte. S’énerver ou insulter le propriétaire n’est jamais la réponse attendue.
4. À l’école : un signe religieux au collège public
Votre fille entre au collège public. Elle veut y porter un signe religieux bien visible, et elle vous demande si c’est permis.
Bonne réponse : non. Depuis la loi du 15 mars 2004, les élèves des écoles, collèges et lycées publics ne peuvent pas porter de signes ou de tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse. Ce n’est pas une interdiction de croire : votre fille reste libre de pratiquer sa religion en dehors de l’établissement.
5. À l’école : garder un enfant à la maison
Votre voisin garde son fils de 10 ans à la maison pour qu’il aide au magasin familial pendant la période scolaire.
Bonne réponse : c’est interdit. L’instruction est obligatoire pour tous les enfants de 3 à 16 ans, qu’ils soient français ou étrangers. Les parents sont responsables de l’assiduité de leur enfant.
6. À la mairie : choisir son agent
Au guichet, une femme vous reçoit. L’homme qui attend derrière vous refuse d’être servi par elle et exige un agent masculin.
Bonne réponse : il n’a pas ce droit. Dans un service public, l’usager ne choisit pas son interlocuteur en fonction de son sexe ou de sa religion. L’égalité et la laïcité s’appliquent des deux côtés du guichet.
7. Dans le couple : une liberté retirée
Une amie vous confie que son mari lui confisque ses papiers et lui interdit de sortir seule.
Bonne réponse : ces comportements sont des violences, punies par la loi, même à l’intérieur d’un couple marié. Votre amie peut appeler le 3919, numéro gratuit et anonyme, ou le 17 en cas de danger immédiat. « C’est une affaire de famille » fait partie des réponses à écarter.
8. Dans la rue : une personne à terre
Un homme fait un malaise sur le trottoir. Les passants regardent et continuent leur chemin.
Bonne réponse : appeler les secours (le 15, ou le 112 depuis n’importe quel téléphone) et rester près de lui si vous le pouvez sans danger. Ne pas porter secours à une personne en danger, quand on peut le faire sans risque, est un délit en France.
Ce que ces exemples ont en commun
Relisez les huit corrections. À chaque fois, la bonne réponse protège un droit de la personne et passe par la loi ou par une institution, jamais par la force ou par la coutume. Si vous gardez ce réflexe le jour de l’examen, vous éliminerez la plupart des pièges.
Ces principes viennent des thèmes du programme. Révisez-les avec nos pages sur les questions sur les valeurs de la République et sur les questions sur la vie en société, puis revenez au guide complet de l’examen civique pour avoir la vue d’ensemble.
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Questions fréquentes
Combien y a-t-il de mises en situation dans l’examen civique ?
Il y en a 12 sur 40 questions. Les 28 autres sont des questions de connaissances. Pour réussir, il faut 32 bonnes réponses au total, toutes questions confondues.
Les questions de mise en situation sont-elles publiées ?
Non. Le ministère de l’Intérieur publie la liste des questions de connaissances, mais pas les mises en situation. Les exemples que vous trouvez en ligne, y compris sur cette page, sont des créations pour s’entraîner.
Comment se préparer aux mises en situation ?
Révisez les principes du programme, surtout l’égalité, la laïcité, les droits et devoirs et la vie en société. Puis entraînez-vous sur des scènes en cherchant à chaque fois la règle qui se cache derrière. Les examens blancs chronométrés vous habituent au rythme de l’épreuve.
Une mise en situation peut-elle avoir deux bonnes réponses ?
Non. Comme pour toutes les questions de l’examen, il y a quatre réponses proposées et une seule est correcte. Si deux réponses vous semblent possibles, choisissez celle qui respecte le mieux la loi et les droits de chacun.