Bonne nouvelle pour les Maliens : vos actes d’état civil sont dispensés de légalisation, et le droit malien vous laisse garder votre nationalité si vous devenez français. Vous ne la perdez que si vous déclarez vous-même y renoncer.
Les conditions de la naturalisation restent les mêmes que pour tous les étrangers. Ce qui change selon votre pays, ce sont les actes d’état civil, leur légalisation et la règle de votre pays sur votre nationalité d’origine.
Cette page fait partie de la série naturalisation par pays. La page pièces à fournir selon votre pays donne la vue d’ensemble.
Les actes d’état civil à fournir
La préfecture vous demande votre acte de naissance. Selon votre situation, ajoutez votre acte de mariage, les actes de naissance de vos enfants mineurs et les jugements qui touchent votre état civil (divorce, adoption, jugement supplétif). Tout est listé sur notre page pièces à fournir.
Au Mali, l’acte se demande au centre d’état civil où la naissance ou le mariage a été déclaré. Si l’événement a été enregistré par un consulat du Mali, c’est ce consulat qui conserve l’acte. Depuis la France, beaucoup de personnes passent par un proche resté au pays.
Demandez une copie intégrale ou un extrait complet récent, avec le nom de vos deux parents. Vérifiez la signature et le cachet de l’officier d’état civil.
Votre naissance a été déclarée tard ? L’acte a alors souvent été dressé après un jugement supplétif. Joignez ce jugement au dossier.
Légalisation, apostille ou dispense
Le tableau du ministère des Affaires étrangères (mise à jour du 11 septembre 2026) indique une dispense de légalisation pour les actes d’état civil maliens, ainsi que pour les actes judiciaires et notariés. Elle repose sur l’accord franco-malien du 9 mars 1962 (article 24).
Les actes administratifs, par exemple un diplôme malien, restent soumis à légalisation d’après ce même tableau. Pensez-y si vous en ajoutez un.
Le Mali n’a pas rejoint la convention de La Haye sur l’apostille. Personne ne peut donc « apostiller » un acte malien pour la France.
Traduction
Les actes d’état civil maliens sont rédigés en français. Vous n’avez rien à faire traduire, sauf si une pièce est rédigée dans une autre langue. Dans ce cas, adressez-vous à un traducteur assermenté près une cour d’appel.
Garder votre nationalité d’origine ?
Oui, en principe. L’article 249 du code des personnes et de la famille (loi du 30 décembre 2011) prévoit que le Malien majeur qui réside habituellement à l’étranger et acquiert volontairement une nationalité étrangère ne perd la nationalité malienne que s’il en fait la déclaration.
Autrement dit, la perte n’est pas automatique. C’est à vous de déclarer que vous y renoncez, devant un juge au Mali ou devant les services consulaires maliens si vous êtes à l’étranger (articles 255 et 256).
Si vous voulez garder vos deux nationalités, ne faites donc aucune déclaration de renonciation. Et gardez votre passeport malien à jour. Pour un cas particulier (mineur, emploi dans une armée étrangère), le code prévoit d’autres règles : interrogez le consulat du Mali.
Côté français, la naturalisation ne vous oblige pas à abandonner votre nationalité malienne. Voir notre page sur la double nationalité.
Les points à surveiller
- Les noms et prénoms. Un prénom écrit de deux façons, ou un nom de famille différent entre l’acte et le passeport, ralentit l’instruction. Faites rectifier l’acte avant de déposer si l’erreur vient de lui.
- Les dates de naissance approximatives. Certains actes portent seulement une année ou une mention « vers ». La préfecture peut alors poser des questions. Rassemblez vos documents d’identité successifs pour montrer leur cohérence.
- La filiation. Une copie sans le nom des parents est souvent refusée. Vérifiez cette ligne avant tout.
- Le mariage célébré au Mali avec un Français. Il doit être transcrit sur les registres de l’état civil français.
Les règles de légalisation sont proches pour la Côte d’Ivoire et le Sénégal. La double nationalité, elle, varie d’un pays à l’autre. Et pendant que vous réunissez vos actes, préparez l’examen civique.
Questions fréquentes
Faut-il légaliser un acte de naissance malien ?
Non. L’accord franco-malien du 9 mars 1962 dispense de légalisation les actes d’état civil. Le tableau du ministère des Affaires étrangères le confirme. Un diplôme malien, lui, reste soumis à légalisation.
Un Malien perd-il sa nationalité en devenant français ?
Non, sauf s’il le déclare. L’article 249 du code des personnes et de la famille de 2011 prévoit que le Malien majeur établi à l’étranger ne perd la nationalité malienne que s’il en fait la déclaration.
Faut-il traduire les actes maliens ?
Non, ils sont rédigés en français. Seule une pièce écrite dans une autre langue doit être traduite par un traducteur assermenté.
Où déclarer une renonciation à la nationalité malienne ?
Devant le juge du lieu de résidence au Mali, ou devant les agents diplomatiques et consulaires maliens si vous vivez à l’étranger. C’est une démarche volontaire, rien ne vous y oblige.