Oui, la France autorise la double nationalité. Si vous devenez français par naturalisation, la loi française ne vous demande pas de renoncer à votre nationalité d’origine.
La vraie question se pose ailleurs : votre pays d’origine, lui, vous laisse-t-il garder sa nationalité ? Certains pays l’acceptent sans difficulté. D’autres la retirent automatiquement à ceux qui prennent une autre nationalité. C’est donc la loi de votre pays qu’il faut vérifier avant de déposer.
Ce que dit la loi française
Côté français, la règle est simple. Un étranger qui devient français n’est pas obligé de renoncer à sa nationalité d’origine. Au moment de la demande, vous indiquez les nationalités que vous avez, celles que vous voulez garder et celles auxquelles vous voulez renoncer.
Une fois naturalisé, vous avez les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les Français. Votre autre nationalité ne change rien à votre statut en France.
Garder deux nationalités ne fait donc pas partie des conditions de naturalisation. Ce n’est ni un obstacle ni un avantage pour votre dossier.
Les limites à connaître
Être binational ne veut pas dire être protégé par les deux pays partout. Dans votre pays d’origine, vous serez le plus souvent considéré comme un de ses ressortissants, et seulement comme tel. La France ne pourra généralement pas vous y apporter sa protection diplomatique.
L’inverse est vrai aussi. En France, vous êtes français, et vous ne pouvez pas faire valoir votre autre nationalité face à l’administration française.
Pensez-y avant un voyage, un service militaire ou une démarche d’héritage dans votre pays d’origine.
Votre pays d’origine l’autorise-t-il ?
Le tableau ci-dessous ne reprend que des pays dont nous avons vérifié la règle dans la loi du pays ou sur un site officiel. Si votre pays n’y figure pas, ce n’est pas qu’il interdit la double nationalité : nous n’avons simplement pas de source assez sûre pour l’affirmer.
| Pays | Que se passe-t-il si vous devenez français ? |
|---|---|
| Algérie | Pas de perte automatique. La perte de la nationalité algérienne suppose un décret qui vous autorise à y renoncer. |
| Maroc | Pas de perte automatique. Il faut un décret d’autorisation pour perdre la nationalité marocaine. |
| Tunisie | Pas de perte automatique. La perte de la nationalité tunisienne ne peut être prononcée que par décret. |
| Allemagne | Double nationalité autorisée. Depuis le 27 juin 2024, un Allemand qui prend une autre nationalité garde la nationalité allemande. |
| Royaume-Uni | Double nationalité autorisée. |
| États-Unis | Double nationalité admise. Un Américain peut être naturalisé dans un autre pays sans perdre la nationalité américaine. |
| Cameroun | Perte de la nationalité camerounaise pour le majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère. |
| République démocratique du Congo | Double nationalité non admise. La Constitution prévoit que la nationalité congolaise ne peut pas être détenue avec une autre. |
| Chine | Double nationalité non reconnue. Un Chinois établi à l’étranger qui prend volontairement une autre nationalité perd automatiquement la nationalité chinoise. |
| Inde | Double nationalité non autorisée. La carte OCI donne des facilités de séjour, mais ce n’est pas une nationalité. |
| Japon | Perte automatique de la nationalité japonaise en cas d’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère. |
Ces règles peuvent changer, et chaque histoire personnelle a ses particularités : nationalité reçue à la naissance, mariage, enfants mineurs. Vérifiez toujours votre situation auprès du consulat de votre pays en France avant de déposer votre demande.
Que faire si votre pays retire sa nationalité ?
Ne déposez pas votre demande avant d’avoir pesé ce que vous perdez. Dans certains pays, la perte de nationalité touche le droit d’y vivre sans visa, d’y travailler, d’y acheter un terrain ou d’hériter d’un bien familial. Renseignez-vous sur les statuts proposés aux anciens ressortissants, comme la carte OCI pour l’Inde.
Si vous hésitez, rien ne presse. La naturalisation est une démarche volontaire, et vous pouvez la faire plus tard.
Si votre cas est compliqué, par exemple avec plusieurs nationalités ou un enfant mineur concerné, un avocat partenaire peut vous aider à y voir clair.
Et après le décret ?
Une fois naturalisé, vous pouvez demander une carte d’identité et un passeport français, tout en gardant votre passeport d’origine si votre pays l’accepte. Les étapes sont détaillées sur notre page après le décret de naturalisation.
Chaque pays a ses propres règles. Retrouvez la règle détaillée de votre pays dans nos guides par nationalité : Algérie, Maroc, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Mali, RDC, Comores, Turquie, Haïti, Royaume-Uni, États-Unis, Chine, Russie.
Questions fréquentes
Dois-je renoncer à ma nationalité pour devenir français ?
Non, la France ne vous le demande pas. Mais votre pays d’origine peut, lui, vous retirer sa nationalité quand vous devenez français. Vérifiez sa loi auprès de son consulat.
Un Algérien, un Marocain ou un Tunisien garde-t-il sa nationalité ?
Dans ces trois pays, la naturalisation française ne fait pas perdre automatiquement la nationalité d’origine. La perte suppose un décret. Votre consulat peut vous confirmer votre situation personnelle.
Ma double nationalité peut-elle gêner mon dossier de naturalisation ?
Non. Garder sa nationalité d’origine n’est pas une condition de la naturalisation et ne joue pas contre vous. Vous devez seulement déclarer vos nationalités dans votre demande.
La France me protège-t-elle dans mon pays d’origine ?
En général, non. Votre pays d’origine vous considère souvent comme son seul ressortissant, et la France ne peut alors pas y exercer sa protection diplomatique.