Par pays d'origine

Naturalisation française pour les Turcs : pièces, légalisation, double nationalité

Mis à jour le 25 octobre 2026 · Guide indépendant, non affilié à l'administration

Pour un ressortissant turc, les conditions de la naturalisation française sont les mêmes que pour tout le monde : résidence, ressources, français B2, examen civique, casier. Ce qui change, ce sont les papiers venus de Turquie et ce que la loi turque prévoit pour votre nationalité d’origine.

Bonne nouvelle sur ces deux points. Les actes d’état civil turcs sont dispensés de légalisation en France, et la Turquie accepte la double nationalité. Il reste quelques démarches à ne pas oublier côté turc, surtout la déclaration de votre nouvelle nationalité.

Si vous n’avez pas encore vérifié votre éligibilité, commencez par la page des conditions de naturalisation.

Les actes d’état civil à fournir

Comme tout candidat né à l’étranger, vous devez fournir votre acte de naissance, et selon votre situation votre acte de mariage, les actes de naissance de vos enfants mineurs, un jugement de divorce s’il y en a un. La liste complète est sur la page des pièces à fournir par pays.

En Turquie, l’état civil dépend des directions de la population (nüfus müdürlüğü), rattachées au ministère de l’Intérieur. Vous pouvez demander vos documents en Turquie, ou passer par le consulat de Turquie en France.

La Turquie fait partie de la convention de la Commission internationale de l’état civil (CIEC) sur les extraits plurilingues, comme la France. Ces extraits portent leurs mentions en plusieurs langues, dont le français. Demandez donc de préférence un extrait plurilingue de votre acte de naissance et de votre acte de mariage.

Vérifiez aussi que le document est récent si votre préfecture fixe une date limite de délivrance. Chaque préfecture a ses habitudes, regardez la liste qu’elle vous communique.

Légalisation, apostille ou dispense

D’après le tableau du ministère des Affaires étrangères sur le droit conventionnel en matière de légalisation, mis à jour le 15 septembre 2026, les actes d’état civil turcs sont dispensés de légalisation en France. Cette dispense vient d’une convention CIEC de 1977, en vigueur entre les deux pays depuis le 1er août 1987.

Pour d’autres documents, la règle n’est pas la même. Un jugement turc (divorce, par exemple) relève en principe de l’apostille, sauf s’il sert à un mariage ou à un acte d’état civil, selon les remarques du tableau. Si vous avez un jugement de divorce turc dans votre dossier, renseignez-vous avant de déposer.

Ne faites pas apostiller un acte de naissance par réflexe. Ce n’est pas demandé, et vous perdriez du temps.

Traduction

Un acte rédigé en turc doit être traduit en français par un traducteur agréé près une cour d’appel. Nous expliquons comment trouver ce traducteur sur la page traduction assermentée.

L’extrait plurilingue CIEC a justement été conçu pour éviter les traductions, puisque ses rubriques sont déjà en français. Malgré tout, certaines préfectures demandent quand même une traduction des mentions ajoutées à la main. En cas de doute, demandez à votre préfecture avant de payer une traduction.

Garder votre nationalité d’origine ?

Oui. La loi turque sur la nationalité (loi n° 5901 de 2009) admet la double nationalité. Devenir Français ne vous fait pas perdre la nationalité turque.

Il y a une démarche à faire. L’article 44 de cette loi prévoit que la personne qui acquiert une nationalité étrangère présente les documents correspondants, et qu’après examen la mention de pluri-nationalité est inscrite sur son registre d’état civil turc. En pratique, cette déclaration se fait auprès d’une direction de la population en Turquie ou d’un consulat de Turquie, qui transmet le dossier.

Et si vous voulez au contraire renoncer à la nationalité turque ? La loi ne fonctionne pas par simple déclaration. Il faut un permis de sortie de la nationalité (çıkma izni), accordé sous conditions par l’article 25 : être majeur, avoir acquis ou être sur le point d’acquérir une autre nationalité, ne pas être recherché pour un délit ou pour le service militaire.

Les personnes nées turques qui ont quitté la nationalité avec cette autorisation reçoivent la carte bleue (Mavi Kart), prévue à l’article 28. Elle conserve une large partie des droits des citoyens turcs, mais pas le droit de vote. Avant de renoncer, faites le point avec le consulat, car la démarche est difficile à défaire.

Pour comprendre comment la France voit la double nationalité, lisez notre page sur la double nationalité.

Les points à surveiller

  • L’orthographe des noms. Les lettres turques (ç, ş, ğ, ı, ö, ü) disparaissent parfois dans les documents français. Vérifiez que votre nom s’écrit pareil sur l’acte, le passeport et le titre de séjour.
  • Les écarts d’identité côté turc. Une circulaire de la direction turque de la population indique que la double nationalité n’est pas enregistrée si le nom, les noms des parents, la date ou le lieu de naissance diffèrent entre le registre turc et le document français. Il faut alors une décision de rectification par un tribunal.
  • Le jugement de divorce. Il ne suit pas la même règle que l’acte de naissance. Vérifiez sa forme avant de déposer.
  • Le mariage célébré en Turquie. Si vous êtes marié avec un Français et que le mariage a eu lieu en Turquie, il doit en principe être transcrit sur les registres consulaires français.

Lancez ces vérifications tôt, et préparez pendant l’attente l’examen civique, qui fait partie du dossier depuis 2026.

D’autres pays suivent des règles proches ou très différentes. Comparez avec la page sur la Russie, ou revenez à la liste des pages par nationalité.

Questions fréquentes

Faut-il faire légaliser un acte de naissance turc pour la naturalisation française ?

Non. Selon le tableau du ministère des Affaires étrangères, les actes d’état civil turcs sont dispensés de légalisation en France, grâce à une convention CIEC de 1977. Un jugement turc peut suivre une autre règle.

Est-ce que je perds la nationalité turque en devenant Français ?

Non. La loi turque n° 5901 admet la double nationalité. Vous devez déclarer votre nationalité française aux autorités turques pour que la mention soit inscrite sur votre registre.

Qu’est-ce que la carte bleue (Mavi Kart) ?

C’est une carte remise aux personnes nées turques qui ont quitté la nationalité turque avec l’autorisation des autorités. Elle garde une grande partie des droits des citoyens turcs, sans le droit de vote. Elle ne concerne donc que ceux qui renoncent.

L’extrait plurilingue turc doit-il être traduit ?

Ses rubriques existent déjà en français, ce qui évite en principe la traduction. Certaines préfectures demandent malgré tout une traduction des mentions ajoutées. Posez la question à votre préfecture avant de payer.

Sources

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